Un morceau d’histoire : Jeffrey Shaw au CDA

"Legible City (Manhattan)", Jeffrey Shaw, 1989 (version 2019, CDA Enghien, photo A. Bureaud)

« Legible City (Manhattan) », Jeffrey Shaw, 1989 (version 2019, CDA Enghien, photo A. Bureaud)

C’est toujours un peu délicat d’aller se confronter avec ses souvenirs. Surtout quand il s’agit d’art et encore plus quand les œuvres concernées font partie de ces chocs esthétiques, émotionnels et cognitifs qui marquent une vie.

L’exposition de Jeffrey Shaw au Centre des Arts d’Enghien est largement documentaire (via un dispositif très réussi de 3 écrans côte à côte et d’une navigation thématisée dans une base de données de ses œuvres). Elle ne présente que 5 installations (si j’ai bien compté).

"Golden Calf", Jeffrey Shaw, 1994 (version 2019, CDA Enghien, photo A. Bureaud)

« Golden Calf », Jeffrey Shaw, 1994 (version 2019, CDA Enghien, photo A. Bureaud)

Il convient toutefois de s’y rendre sans barguiner pour appréhender, dans toutes leurs dimensions, Legible City (1989) et The Golden Calf (1994), deux œuvres majeures de l’artiste et de l’histoire de l’art. 30 ans après pour la première et 25 ans pour la seconde, elles ont la même force qu’au premier jour.

 

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Space in Spring – Episode 4 – 50 Years@ATS – Chicago

 

AfficheDernier épisode de ce printemps marqué par l’art spatial, la célébration des 50 ans du département Art & Technology de la School of the Art Institute Chicago par une communication « Human Culture in Space. A Walk Through Art » au Space Art Symposium organisé par Eduardo Kac.

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Eduardo Kac - Xin Liu - Annick Bureaud - Mark SubbaRao

Eduardo Kac – Xin Liu – Annick Bureaud – Mark SubbaRao

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Space in Spring – Episode 3 – « La Lune » au Grand Palais

François Morellet

François Morellet

Leonid Tishkov

Leonid Tishkov

 

 

 

 

 

 

 

 

Ange Leccia

Ange Leccia

Ange Leccia

Ange Leccia

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le Leonardo Space Art Science Workshop (compte-rendu à venir bientôt), la réunion du comité de l’IAF (International Astronautical Federation) pour l’utilisation culturelle de l’espace ITACCUS, voici la suite d’un printemps très spatial avec l’ouverture de l’exposition « La Lune » qui se tient jusqu’au 22 juillet 2019 au Grand Palais, et qui célébre le 50ème anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11.

Les expositions de la RMN au Grand Palais ne sont pas réputées pour leur scénographie et leur design. Reconnaissons à celle-ci sa réussite. Sobre, elle joue sur de grandes zones circulaires et la semi-transparence de tissus en filets serrés pour masquer-dévoiler certaines œuvres et artefacts.

Pérou ou Bolivie, 18ème siècle

Pérou ou Bolivie, 18ème siècle

Kudurru de Nazimasuttash, 1307-1282 av JC

Kudurru de Nazimasuttash, 1307-1282 av JC

 

 

 

 

 

 

 

 

Partant de l’événement de juillet 1969, elle mélange des documents de l’époque, photos de la NASA mais aussi couvertures de presse, des œuvres de l’Antiquité à nos jours (dont certaines avaient déjà été présentées au MAC-VAL dans une exposition sur l’espace), des films, des lunettes astronomiques, de la fiction et des dessins scientifiques de la Lune à diverses époques. Le dosage est subtil, le tout est agréable.

J’y ai retrouvé quelques œuvres « fétiches » comme le Moon is the Oldest TV de Nam June Paik et d’autres que je ne connaissais pas comme cette Lanterne de Martin Honert de 2000.

Martin Honert

Martin Honert

Martin Honert

Martin Honert

En bref, une exposition plutôt réussie.

Mais on plaint les gens dotés d’enfants : les gadgets de la boutique sont très séduisants et … terriblement hors de prix.

 

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EP/E – Exposition Publication Expérimentation – En Résidence à OUDEIS

IMG_2144Même en hiver, la place de Ganges avec ses platanes et ses maisons aux toits de tuile indique que l’on est « dans le sud ». Qui plus est, il a fait un temps magnifique cette dernière semaine de février.

J’étais à OUDEIS, chez Sandra et Gaspard Bébié-Valérian pour le premier volet de ma résidence de recherche EP/E – Exposition Publication Expérimentation.

Depuis plusieurs années, je poursuis une réflexion sur un renouveau et une évolution du lien entre création, exposition et publication.

Deux projets ont déjà été réalisés dans cette recherche :

- 6×6/36, en collaboration avec le Collectif NUNC : une série de trois carnets de datamatrix imprimés sur des autocollants. Chaque carnet propose quatre créations de 6 artistes, réunis autour d’une thématique. Les œuvres sont visibles sur le téléphone portable en scannant les datamatrix (2011).

FEAT. A Journey Through Art Science Projects

Réalisée dans le cadre du projet européen FEAT/Future Emerging Art and Technology, A Journey Through Art Science Projects est une publication documentaire en ligne (alternative au catalogue) reposant sur le logiciel MemoRekall développé par Clarisse Bardiot. C’est également une première tentative pour une exposition en ligne (2017).

Comment articuler la présentation physique d’œuvres et leur documentation ?

Comment concevoir une exposition qui serait sa propre documentation et qui pourrait être « déployable » à des échelles différentes ?

Ce sont les deux questions posées pour cette résidence à OUDEIS.

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J’avais imaginé une résidence un peu bucolique, où j’aurais été marcher sur les chemins environnants, où j’aurais pris un café dans un bistrot sur une de ces places. Sandra, Gaspard et moi n’avons pas décollé de nos écrans et de nos documents. La seule chose qui change sur cette photo prise le premier jour est … mon pull ! Mais, au bout de la semaine, le résultat est là : le plan de travail pour tester les idées et faire un prototype lors du second volet de la résidence en juillet est prêt !

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2019 dans la biosphère

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La « raison d’être » d’un accrochage

10 décembre 2018, je me précipite au Centre Pompidou pour voir l’exposition consacrée à Franz West. C’est le dernier jour.

Mon propos ici n’est pas de faire un texte sur l’œuvre passionante de cet artiste mais de m’interroger sur le choix de présentation d’une œuvre intitulée « Ohne Titel » (sans titre donc) de 1974 et que voici.

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On notera que l’œuvre est accrochée au mur et présentée comme un tableau.

Et maintenant, voici le cartel

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Ce choix d’accrochage m’a laissée sans voix. Que l’on n’autorise plus le public à chausser les sandales afin de préserver l’œuvre, ça je le comprends, mais pourquoi donc l’avoir accrochée au mur et lui ôter ainsi toute sa signification et sa force ? Ceci était d’autant plus incompréhensible que d’autres œuvres étaient mises à disposition du public, respectant leur conception initiale mais certaines, trop fragiles, avaient tout simplement la mention « ne pas toucher ».

Les voix des commissaires sont parfois vraiment impénétrables … à moins que ce ne soient celles des collectionneurs …

 

 

 

 

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« Raccommoder le tissu du monde », l’expo

« Raccommoder le tissu du monde » se termine/est terminé. Voici un petit reportage photos de l’exposition que j’ai organisée au Château d’eau – Château d’art de Bourges.

Construction improbable, l’ancien château d’eau de Bourges, devenu espace d’exposition.

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"ArchaeaBot", Anna Dumitriu & Alex May, 2018

« ArchaeaBot », Anna Dumitriu & Alex May, 2018

 

 

"ArchaeaBot", Anna Dumitriu & Alex May, 2018 (photo A. Bureaud)

« ArchaeaBot », Anna Dumitriu & Alex May, 2018 (photo A. Bureaud)

 

 

 

 

 

 

 

Le robot subaquatique dont les flagelles en rotation sont inspirées des archaelles des archées. (Il faut imaginer la photo de gauche dans une plus grande obscurité …)

 

"The Bottled Songs of Lost Children", Chloé Galibert-Laîné & Kevin B. Lee, 2018 (photo A. Bureaud)

« The Bottled Songs of Lost Children », Chloé Galibert-Laîné & Kevin B. Lee, 2018 (photo A. Bureaud)

Les deux vidéo-essais sur l’appréhension et le traitement des images du terrorisme dans les réseaux sociaux se répondaient, côte à côte, dans une des « niches » du château d’eau.

"Faster Than Light", Kentaro Kumanomido & Thomas Anthony Owen, 2018 (photo Capucine Lageat & Antoine Perroteau)

« Faster Than Light », Kentaro Kumanomido & Thomas Anthony Owen, 2018 (photo Capucine Lageat & Antoine Perroteau)

"Faster Than Light", Kentaro Kumanomido & Thomas Anthony Owen, 2018 (photo Capucine Lageat & Antoine Perroteau)

« Faster Than Light », Kentaro Kumanomido & Thomas Anthony Owen, 2018 (photo Capucine Lageat & Antoine Perroteau)

 

Deux images d’une des deux projections de l’installation filmique « Faster Than Light ».

Le second film était projeté dans un espace plus enclos, au verso de celle-ci.

La version complète, d’une heure, a fait l’objet d’une projection-performance spéciale le samedi 17 novembre au Nadir.

Vue d'ensemble. "aqua_forensic" de Robertina Sebjanič et Gjino Sutić, 2018 et "Mobile lab suit cases :::: Malepin BIOtransLab" de Paula Pin (photo Capucine Lageat & Antoine Perroteau)

Vue d’ensemble. « aqua_forensic » de Robertina Sebjanič et Gjino Sutić, 2018 et « Mobile lab suit cases :::: Malepin BIOtransLab » de Paula Pin (photo Capucine Lageat & Antoine Perroteau)

 

"aqua_forensic", Robertina Sebjanič & Gjino Sutić, 2018 (photo A. Bureaud)

« aqua_forensic », Robertina Sebjanič & Gjino Sutić, 2018 (photo A. Bureaud)

 

"aqua_forensic", Robertina Sebjnanič & Gjino Sutić, 2018 (photo A. Bureaud)

« aqua_forensic », Robertina Sebjnanič & Gjino Sutić, 2018 (photo A. Bureaud)

Les canalisations de cuivre et en acrylique transparent encerclent un des piliers et bloquent le passage entre deux autres. Elles soutiennent des modules dans lesquels des vidéos montrent l’effet dévastateurs des médicaments, y compris certains que nous considérons comme « anodins » (aspirine, paracétamol), sur des micro-organismes (il faut imaginer la photo de droite dans plus d’obscurité).

 

 

 

 

 

"Mobile lab suit cases :::: Malepin BIOtransLab" de Paula Pin (photo Capucine Lageat & Antoine Perroteau)

« Mobile lab suit cases :::: Malepin BIOtransLab » de Paula Pin (photo Capucine Lageat & Antoine Perroteau)

"Mobile lab suit cases :::: Malepin BIOtransLab" de Paula Pin (photo A. Bureaud)

« Mobile lab suit cases :::: Malepin BIOtransLab » de Paula Pin (photo A. Bureaud)

"Mobile lab suit cases :::: Malepin BIOtransLab" de Paula Pin (photo A. Bureaud)

« Mobile lab suit cases :::: Malepin BIOtransLab » de Paula Pin (photo A. Bureaud)

Paula Pin a déployé ses valises laboratoires mobiles et tout un ensemble de documentation dans deux « niches » du château d’eau. Dans une atmosphère entre le laboratoire, le cabinet gynécologique et l’atelier DIY, c’est dans cette « installation » qu’elle a conduit son workshop le week end du 17 et 18 novembre.

 

"The Siren's Dream" (extraits), Aleksandra Niemczyk, 2018 (photo A. Bureaud)

« The Siren’s Dream » (extraits), Aleksandra Niemczyk, 2018 (photo A. Bureaud)

"The Siren's Dream" (extraits), Aleksandra Niemczyk, 2018 (photo A. Bureaud)

« The Siren’s Dream » (extraits), Aleksandra Niemczyk, 2018 (photo A. Bureaud)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"The Siren's Dream" (extraits), Aleksandra Niemczyk, 2018 (photo A. Bureaud)

« The Siren’s Dream » (extraits), Aleksandra Niemczyk, 2018 (photo A. Bureaud)

Aleksandra Niemczyk montrait un montage d’extraits de son film The Siren’s Dream tourné dans le cadre de sa résidence à Bandits-Mages et qui sera présenté dans son intégralité à Bourges en 2019. L’installation filmique associait la projection et les éléments de décors ou d’accessoires ayant été utilisés dans le film lui-même, dans un jeu de mise en abîme.

 

Vue d'ensemble. "Faster Than Light", Kentaro Kumanomido & Thomas Anthony Owen ; "ArchaeaBot", Anna Dumitriu & Alex May ; "Bottled Songs of Lost Children", Chloé Galibert-Laîné & Kevin B. Lee (photo A. Bureaud)

Vue d’ensemble. « Faster Than Light », Kentaro Kumanomido & Thomas Anthony Owen ; « ArchaeaBot », Anna Dumitriu & Alex May ; « Bottled Songs of Lost Children », Chloé Galibert-Laîné & Kevin B. Lee (photo A. Bureaud)

Il y a encore un peu trop de lumière sur cette photo faite avant éclairage final, mais ce que j’ai aimé avec l’architecture si particulière du château d’eau composée de deux cercles concentriques séparés par des piliers, est ce jeu possible entre les œuvres qui ainsi se font écho, que l’on aperçoit « en dialogue » selon l’endroit où l’on se trouve, mais qu’il faut approcher (et on occulte alors les autres) pour les découvrir et les voir vraiment.

Le soir du vernissage, trois des participants et « sujets » du film Faster Than Light, Chraja, Space et Chakla Chakla ont fait une micro performance.

Performance "Faster Than Light", 15 décembre 2018, Chakla Chakla & Space (photo Amar Belmabrouk)

Performance « Faster Than Light », 15 décembre 2018, Chakla Chakla & Space (photo Amar Belmabrouk)

Performance "Faster Than Light", 15 décembre 2018, Chraja (photo Amar Belmabrouk)

Performance « Faster Than Light », 15 décembre 2018, Chraja (photo Amar Belmabrouk)

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« Art et Non Humain. L’imaginaire de la résilience », Kikk Festival 2018

Kikk2018

AB-KIKK-2018

 

 

 

 

 

Vrai plaisir d’avoir participé au KIKK festival de Namur qui avait pour thème « Species & Beyond » avec ma conférence « Art et Non Humain. L’imaginaire de la résilience ».

KIKK est un festival jeune (né en 2011) qui sait associer programmation rigoureuse, art, design, industries de la création, conférences, ateliers et bidouilles, de la réflexion, de l’émotion, le marché, publics pro (de tous poils) et grand public (de tous âges), le tout dans une ambiance chaleureuse et amicale.

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Bandits-Mages 2018 : La bande annonce !

La bande annonceBM-BA des Rencontres Bandits-Mages 2018 « Raccommoder le tissu du monde est en ligne et le site web aussi !

 

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« Raccommoder le tissu du monde », Festival Bandits-Mages 2018

Le 15 novembre : Tous à Bourges ! Pour les Rencontres Bandits-Mages 2018

Réalité instable et savoirs mouvants. Raccommoder le tissu du monde

dont j’ai l’immense plaisir d’être la commissaire, en collaboration avec l’équipe de Bandits-Mages et ses partenaires.

afficheNe pas rater le vernissage, il y aura des surprises.

Ne pas rater la programmation de ce premier week end du 15 au 18 novembre, elle est foisonnante.

Et en attendant, voici mon texte de présentation.

Réalité instable et savoirs mouvants. Raccommoder le tissu du monde

Le réel est devenu instable, il glisse entre nos doigts.

Par où l’attraper quand, dans le flux des réseaux sociaux, tout est surface et mousse d’une vague qui en remplace une autre à peine celle-ci formée.

Rêvé comme place du village global, lieu de partage de connaissances et conscience artificielle d’une humanité enfin réunie, Internet s’énonce désormais aussi comme (auto)propagande pour une image égotique de soi et du monde.

Par où l’attraper quand les sciences dévoilent une complexité de plus en plus grande et que les biotechnologies ouvrent à des possibles déconcertants, terreaux de tous les fantasmes utopiques et dystopiques.

La crise de la science occidentale, entre fake news et réémergence des savoirs vernaculaires, empiriques et situés, énonce aussi —surtout— une soif de réappropriation et de partage de savoirs pluriels.

Par où l’attraper quand les certitudes et les catégories s’effondrent, quand Je est, littéralement, un Autre qui cohabite dans le même corps avec des bactéries, quand les identités sont fluides et les genres multiples.

Au moment où nous redécouvrons l’interdépendance systémique du vivant et du système Terre, où nous n’avons plus de lointains, seulement des prochains, que ce soit en terme de territoires ou de vivants, des algues et micro-organismes, aux plantes, aux animaux et à nos « frères humains » qui vivent dans le même temps que nous, mais aussi à ceux d’avant nous et à ceux d’après nous, comment réhabiter le monde et nous-mêmes ?

Cette édition 2018 des Rencontres Bandits-Mages repose sur une sélection d’œuvres issues des résidences de création au sein du réseau EMAP *.

Qu’elles explorent un réel tangible, imaginaire, fantasmé, inconscient, fabulatoire ou spéculatif, toutes ces œuvres, à l’esthétique et au propos très différents, convergent dans l’idée du soin, au sens de « prendre soin ». Dans les corps et dans la psyché, dans le logos et l’iconos, elles vont sous la surface, associant individualité et collectif pour raccommoder le tissu du monde.

aqua_forensic de Robertina Sebjanič & Gjino Sutić est une observation factuelle de la pollution chimique des eaux douces aussi bien que salées et de l’effet pervers des soins médicamenteux portés aux humains qui empoisonnent les créatures aquatiques. Quelle violence nous fait prendre autant d’antidépresseurs ?

Avec ArchaeaBot, Anna Dumitriu et Alex May explorent le registre spéculatif et confient à une nouvelle forme de vivant hybride, associant archaea (les plus anciennes formes de vie sur Terre) et robot, le soin de poursuivre l’évolution dans un environnement d’après le monde tel que nous le connaissons.

The Siren’s Dream d’Aleksandra Niemczyk, installation filmique à partir de l’œuvre de la peintre surréaliste Leonora Carrington, plonge dans l’inconscient et dans les visions psychiques et symboliques engendrées par des traumatismes et des crises émotionnelles.

Dans une approche queer, l’identité de la personne est au cœur du film-performance de Faster Than Light de Kentaro Kumanomido & Thomas Anthony Owen.

Chloé Galibert-Lainé & Kevin Lee présentent une étape de travail de The Bottled Songs of Lost Children sur le terrorisme dans les médias et les réseaux sociaux. Déconstruction de la sémiotique de ces images et vidéos de propagande, de leur circulation et re/dé-contextualisation, l’œuvre porte un regard réflexif sur la recherche universitaire en sciences humaines et sur l’attraction-répulsion que ces images suscitent.

Graeme Cole expose** Universal Ear, une installation filmique, dans laquelle le personnage de Harley Byrne espère enregistrer et rendre disponible en ligne « toutes les musiques du monde », l’utopie de la collection et de la préservation intégrales.

Paula Pin, dans une installation-atelier de bio-DIY permet une acculturation et une réappropriation des savoirs en matière de biotechnologies.

La circularité du lieu de l’exposition, l’ancien Château d’eau de Bourges, devient métaphore du passage fluide de la matière à l’inconscient, de l’individu à la collectivité, d’une science vernaculaire à une techno-science de pointe, de soi à l’autre, quelle que soit la nature de cet autre, vivant et non vivant, humain et non humain, dans une technozoosystémie ***.

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* EMAP (European Media Art Platform) regoupe 11 organisations européennes : Ars Electronica, Bandits-Mages, FACT/Foundation for Art and Creative Technology, IMPAKT, Kontejner, LaBoral Centro de Arte y Creación Industrial, M-Cult, Onassis Cultural Centre-Athens (Stegi), RIXC, WRO Art Center, Werkleitz Center for Media Art. Il organise les résidences EMARE (European Media Artists in Residence Exchange). EMAP/EMARE est soutenu par le programme Creative Europe de l’Union Européenne.

** Cette œuvre est exposée au Haïdouc.

*** Le zoosystémicien Louis Bec nous a quitté en juin.

Il avait proposé, commenté et illustré dans une œuvre théorique et artistique qu’il faudra bien redécouvrir, le terme de technozoosystémie. J’aimerais savoir, comme lui, inventer des mots. Je vais simplement lui dire merci.

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