Art and Minitel in France in the 1980s

Just received the book Social Media Archeology and Poetics, edited by Judy Malloy and published at MIT Press, in the Leonardo Book Series, in which there is my article « Art and Minitel in France in the 1980s ». The table of content is absolutely amazing, over 400 pages to read right away!

Livre-Malloy

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Sleeping Beauties, Trust Me, I’m an Artist, journal de bord n°14

Leonardo/Olats est partenaire du projet européen Trust Me, I’m An Artist. Dans ce cadre, je tiens un « Journal de Bord » avec des compte-rendus des réunions et des rencontres, mais aussi mes réflexions, lectures et interrogations.

C’est avec une réelle impatience que je suis partie à Copenhague, au mois de mai, pour voir l’œuvre Heirloom de Gina Czarnecki et John Hunt présentée au Medical Museion dans le contexte plus large de l’exposition The Body Collected. The Raw Materials of Medical Science from Cadaver to DNA.

Dans cette édition de Trust Me, I’m An Artist, c’est le premier projet dont la description (et le propos ?) me troublait et qui me semblait, en effet, soulever une question éthique. J’avais donc hâte de me confronter à sa réalité et aux points de vue et réflexions des autres, partenaires du projet, membres du comité d’éthique et bien sûr l’artiste et le scientifique qui l’avaient créé.

heirloom_title_alt_3Le projet peut se résumer ainsi : Heirloom est le portrait « vivant » de Lola et Saskia, les filles de l’artiste. Des cellules de peau, prélevées alors qu’elles avaient 11 et 13 ans, sont ainsi cultivées sur un masque en verre du visage des deux fillettes. Une sculpture en impression 3D à partir d’un scan de haute précision de leurs têtes accompagne les cultures de tissu.

Heirloom s’inscrit dans la longue tradition artistique du portrait, ne serait-ce que par le biais des masques réalisés selon une technique traditionnelle, qu’il porte dans une nouvelle direction avec la culture de peau mais aussi les impressions 3D. D’où vient le trouble ? Pourquoi cette sensation d’une forme de transgression ?

Cultiver de la peau est devenue chose courante, rien d’extravagant à cela (même si la technique est ici innovante). Pourtant, c’est bien un premier point d’achoppement. Un portrait « vivant » serait donc différent d’un portrait « figé » ? Par définition, un portrait est un substitut, dans une autre matière, de la personne. Il est la présence de l’absence de l’autre. Mais en tant que substitut, il n’est que partiel, moment du temps (le « ça-a-été » barthien de la photographie), à jamais imparfait et surtout incomplet. Créer un portrait de quelqu’un à partir de la même matière que la personne revient, symboliquement, à faire un double de celle-ci. Au-delà de l’idée de clonage, vient alors à l’esprit L’Invention de Morel, le magnifique livre d’Adolfo Bioy Casares où créer un double signifie tuer l’original.

Le deuxième point d’achoppement est le choix des « sujets », à savoir les enfants de l’artiste. Le même projet mais pour un autoportrait ou le portrait de n’importe quel adulte ne présenterait sans doute pas la même force émotionnelle. La mère semble ici se soumettre à l’artiste pour la réalisation de l’œuvre avec ce qui peut apparaître comme une instrumentalisation de ses enfants ou même un abus de pouvoir à leur égard.

C’est avec ces questions que j’abordais Heirloom dont il convient maintenant de décrire la matérialité et la forme réelles.

"Heirloom", Gina Czarnecki & John Hunt, Impression 3D, Medical Museion, Copenhague mai 2016, photo Annick Bureaud

« Heirloom », Gina Czarnecki & John Hunt, Impression 3D, Medical Museion, Copenhague mai 2016, photo Annick Bureaud

"Heirloom", Gina Czarnecki & John Hunt, moules des visages, Medical Museion, Copenhague mai 2016, photo Annick Bureaud

« Heirloom », Gina Czarnecki & John Hunt, moules des visages, Medical Museion, Copenhague mai 2016, photo Annick Bureaud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Heirloom est une installation-parcours qui inclut à parts égales différents objets : les différents plâtres et moules des visages des enfants qui ont servi à faire les masques de verre, des exemplaires non utilisables de ces derniers car cassés ou présentant des défauts, les sculptures en impression 3D du visage des fillettes, une vidéo retraçant les étapes du projet, le prélèvement des cellules et leur donnant la parole et, au cœur de l’installation, d’une part les incubateurs avec les masques immergés dans un bain de nutriment de couleur rouge dans lesquels croissent les cellules et, d’autre part, dans des vitrines hermétiques en plexiglas, deux masques sur lesquels reposent de minuscules morceaux de peaux issus d’une première culture.

L'incubateur de "Heirloom", de Gina Czarnecki & John Hunt, Medial Museion, Copenhague, mai 2016, photo Annick Bureaud

L’incubateur de « Heirloom », de Gina Czarnecki & John Hunt, Medial Museion, Copenhague, mai 2016, photo Annick Bureaud

 

Face à l’installation, mon trouble initial s’estompe. Des questions demeurent, d’autres surgissent ainsi que des réponses.

Une des questions éthiques soulevée par Heirloom est l’autorisation du prélèvement des cellules des enfants. C’est Gina Czarnecki qui l’a signée, en tant que mère, pour une œuvre qu’elle réalise en tant qu’artiste. Demandée au père, cela aurait-il fait une différence ? Quel est le fondement réel de cette autorisation, hormis de couvrir le scientifique par une procédure habituelle de la science tout en en montrant l’inanité ? Gina Czarnecki demande la permission à ses enfants de montrer cette œuvre dans des endroits où cela pourrait les embarrasser (par exemple à Liverpool, la ville où elles habitent). Tous ceux qui publient, à longueur d’année, des photos et des vidéos de leurs enfants sur Facebook, de leur naissance à leurs premiers pas, fêtes d’anniversaire, activités diverses, ont-ils les mêmes pudeurs, le même respect de la vie privée, de l’intimité, de leur progéniture ? N’est-il pas là, le vrai cannibalisme parental ?

Heirloom expose par ailleurs un certain nombre de questions suscités par la recherche en médecine régénérative entre les espoirs d’une médecine réparatrice — que ce soit après des accidents traumatiques ou des maladies neurodégénératives —, les fantasmes d’une médecine cosmétique et les peurs d’un humain modifié. Entre éternelle jeunesse et rejet ségrégationniste de la vieillesse, sera-t-il possible un jour, l’âge venu, de retrouver son visage d’antan ? Mais que voudra t-on qu’il soit ce visage : celui de notre adolescence, de nos vingt ans, de notre maturité ?

Enfin, la raison essentielle qui désamorce mon trouble face à Heirloom est qu’il s’agit bien d’un portrait. Pas plus qu’une photo ou une sculpture, les cellules ne sont la personne. Certes, elles contiennent le patrimoine génétique des filles, mais un individu est bien plus que son patrimoine génétique. Heirloom s’inscrit dans cette dialectique de la présence et de l’absence, de la vie et de la mort qu’est un portrait, du fragment qui entend rendre compte du tout, qui échoue inexorablement, mais où résiste la puissance de l’évocation et, ici tout particulièrement, de l’impossible élixir de jouvence.

Il fut dit, notamment par Jens Hauser, que l’on était face à des masques mortuaires vivants. Par-delà l’esthétique technique contraignante du dispositif, Gina Czarnecki a choisi de faire arriver le tuyau qui délivre le nutriment et maintient une circulation dans l’incubateur sur la bouche des visages de verre, comme une respiration vitale. Dans le liquide amniotique de leurs matrices artificielles, les masques m’évoquent des beautés endormies, belles au bois dormant contemporaines.

Qu’est-ce qui fait que quelque chose nous déstabilise ? L’éthique est une affaire de limites. Il est intéressant de rencontrer les siennes et de s’y confronter. Et c’est bien là que réside l’art, sur la fragile ligne de crête.

 

Comité d’éthique

Christina Wilson, consultante artistique et membre du Conseil Danois d’Ethique ; Morten Hillgaard Bülow, historien de la médecine et philosophe ; Ida Donkin, post doctorante en épigénétique au NNF Centre pour la recherche en métabolisme de base et Jens Hauser, chercheur et commissaire d’expositions.

 

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Le spectateur deviendrait-il superflu ?

Ce soir, épluchant conscieusement mes mails afin de faire mon programme de visites d’expositions, deux annonces attirent mon attention quant à la place qu’elles donnent au public.

La première est celle d’une exposition de juin du Kreusberg Pavillon de Berlin intitulée « The only visitor ». En 2016, le Kreusberg Pavillon conduit une expérimentation de monstration sur la base d’appels à projets qui explorent les conditions mêmes de l’espace et de l’organisation de l’exposition. Plus question de professionnels de quelque nature que ce soit, tous ceux qui remplissent les conditions peuvent participer. En juin, donc, la contrainte était que ce qui serait présenté ne serait vu que par un seul visiteur.

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La deuxième concerne une des œuvres du projet LASCO #6 au Palais de Tokyo à Paris depuis le 13 juillet. Manutention de JR et OSGEMEOS est installée dans un endroit inaccessible au public mais visible grâce à un écran vidéo situé dans le Foyer.

Ces deux projets, que je ne verrai jamais pour le premier et que je n’ai pas encore vu pour le second, confronte la place du public dans les expositions de manière frontale :

– le public est-il toujours le destinataire des expositions ?

a contrario faut-il céder à la pression du chiffre où quantité fait office de qualité (renforcé par la religion des « likes » et des « followers ») ?

– a t-on encore besoin de la présence physique du public quand les choses n’existent que si elles sont médiatisées par des écrans ? Mais alors, pourquoi mettre la vidéo uniquement dans le Foyer du bâtiment et pas directement en ligne ? Parce que la photo —ou la vidéo— de la vidéo dans le Foyer sera le témoin « réel » que l’œuvre a bien eu lieu ?

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Monstration expérimentale

En ce dimanche après-midi, je prends un peu de temps pour lire les informations diverses qui sont arrivées dans ma boîte mail. Deux projets s’inscrivent dans ces nouvelles formes de monstration qui explorent le web à la recherche de modalités différentes de diffusion et de création.

La première est Curated by Weekly un projet de Johannes Boscher qui, depuis ce 3 juillet, publie en ligne une œuvre qui ne sera visible que pendant une semaine, « sans archive et sans possibilité de voir l’œuvre par la suite » indique le communiqué de presse. La première œuvre est une vidéo de Vadim Zakhavov intitulée Don Quixote Against Internet. Elle date de 1999-2000. Un magazine papier, à parution irrégulière, accompagne le projet et publiera des textes de réflexion.

Voilà un projet qui entend confronter le flux des informations, effaçant comme les vagues l’écume des précédentes, à la pérennité indélébile de nos traces sur le web ; qui nous obligerait à saisir réellement l’instant présent de la diffusion comme un retour à la télévision d’avant le magnétoscope. Qui nous obligerait à faire attention aux choses et aux œuvres. Je dois cependant avouer que la page Facebook du projet, tellement classique et tellement documentaire vint rompre le charme de cet instant d’art à saisir et à vivre.

La seconde est « 3ème Scène » de l’Opéra de Paris qui présente sa nouvelle production Etats Transitoires de III-Studio.

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En soi, 3ème Scène est une chaîne de diffusion de vidéos. Rien d’extraordinaire à cela. Et, en soi, il s’agit de vidéo danse, rien de bien neuf non plus. Pourtant, cette monstration est en tout point remarquable et on accorde pleinement le temps nécessaire à l’œuvre. Peut-être parce qu’il est proposé une œuvre à la fois, que l’on déguste comme on le fait d’un ballet ou d’une chorégraphie que l’on va voir « sur place », sans se sentir submergée par l’ensemble des propositions auquel on a cependant accès sur un site web simple et élégant. Peut-être aussi par la qualité des œuvres comme cet Etats Transitoires, jeu formel entre un corps, la danse, et l’architecture du lieu qui accueille cette danse —l’Opéra Bastille, dans un dialogue visuel avec la surface de l’écran, lieu effectif de sa monstration.

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Une hélice « vivante », Trust me, I’m An Artist, journal de bord n°13

Leonardo/Olats est partenaire du projet européen Trust Me, I’m An Artist. Dans ce cadre, je tiens un « Journal de Bord » avec des compte-rendus des réunions et des rencontres, mais aussi mes réflexions, lectures et interrogations.

J’ai pris quelque retard dans la tenue de ce journal de bord. Plusieurs mois se sont écoulés depuis la réunion du comité d’éthique autour du projet Cellular Propeller d’Howard Boland. C’était à Berlin, le 5 février à Transmediale.

C’était la première fois, au sein de cette édition de Trust Me, I’m An Artist, que le projet artistique soumis à la sagacité du comité d’éthique était encore à l’état de projet et non pas une œuvre réalisée.

Le comité d’éthique réuni à Transmediale  (photo Lucas Evers)

Le comité d’éthique réuni à Transmediale
(photo Lucas Evers)

Ceci rendait le processus intéressant car, dans le monde scientifique, les accords des comités d’éthiques se font a priori et non a posteriori. En outre, il ne s’agit pas de rendre compte d’une œuvre, ou de la confrontation entre l’œuvre telle qu’elle existe et le discours, y compris éthique, sur celle-ci. Je me trouve, en quelque sorte, dans un discours « troisième » : un discours (3) sur le discours produit (2) sur un discours (1) qui raconte une intention d’œuvre (0) où (1) est le discours de l’artiste racontant son projet, (2) le débat sur l’éthique du projet et (3) mon compte rendu sur (2) et ma propre évaluation de (1) et de (0).

Essayons tout d’abord de résumer le projet d’Howard Boland.

Cellular Propeller entend associer biologie de synthèse et matière biologique pour créer un système hybride, une chimère d’un nouveau genre. Au départ, il envisageait d’utiliser des cellules cardiaques de rats nouveaux nés comme « moteurs » de petites structures mobiles. Devant la difficulté de se procurer ces cellules —et les questions éthiques soulevées par leur obtention— Howard Boland a décidé d’utiliser des spermatozoïdes pour entraîner la rotation d’une roue de la taille d’une pièce de monnaie réalisée par biologie de synthèse. Les cellules seraient les siennes. On aurait ainsi un objet artificiel mu par une cellule biologique « naturelle », transformant le vivant (la cellule) en machine.

Le bioart spéculatif ou un projet purement conceptuel n’est pas l’approche d’Howard Boland pour qui il est essentiel de réaliser effectivement l’œuvre. De mon côté, gloser sur une œuvre qui n’existe pas encore m’intéresse assez peu quand on sait l’écart entre les intentions et ce qui aura pu être fait. Face à un projet aussi emblématique et ouvert à l’interprétation que Cellular Propeller, restons-en aux questions éthiques soulevées. On peut en distinguer trois :

– L’utilisation de matériaux humains

– L’expérimentation avec soi-même puisque l’artiste utilisera ses propres spermatozoïdes

– La nature de l’objet créé, entre l’artificiel et l’humain.

On peut argumenter que les deux premières relèvent de l’éthique uniquement parce que l’œuvre ne peut être réalisée qu’au sein d’une institution de recherche. D’une manière générale, ce type d’institution est dans l’obligation de justifier et de rendre compte de l’utilisation de matériau humain et n’autorise pas la recherche sur soi-même. On ne peut être son propre cobaye dans la recherche scientifique. Ces deux points n’ont, en revanche, pas grand sens dans la pratique artistique où d’une part l’humain a été un des premiers matériaux de l’art et où, d’autre part, expérimenter sur soi-même est le fondement même de la performance et du body art. Cependant, la question « peut-on être un tiers à soi-même » est une de celles sur laquelle l’artiste insista, une autre étant la potentialité de livrer publiquement des informations (génétiques) qui relèveraient de l’intime et du privé. En fait, c’est bien la symbolique associée aux spermatozoïdes, cellules de la fertilité, de la fécondité, de la vie et de la virilité, qui semble ici l’enjeu.

Un élément d’ordre symbolique peut-il être retenu comme une question éthique cruciale et critique ? À moins que l’éthique ne repose, précisément, sur le symbolique …

La question de la nature de l’objet, en revanche, me semble au cœur du sujet en ce qu’il illustre une évolution possible du vivant, et potentiellement du vivant humain. Si le projet artistique en tant que tel ne me paraît pas soulever de réels problèmes, ce qu’il met en jeu est une des questions essentielles de la recherche biomédicale.

Le comité d’éthique était composé de : Bobbie Farsides (Ecole de médecine du Sussex, Brighton) ; Sabine Roeser (Université de technologie de Delft) ; Ursula Damm (Université de Weimar) ; Philipp Bayer (Université d’Heidelberg).

 

 

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BioArt. Creating (with) Life. About Cells & Tissue Culture, Stem Cells and Body Parts

I am talking about bioart in relations with cells & tissue culture, stem cells and body parts at the EUCelLEX workshop on « Stem Cells in Translation: The Governance of Clinical Promise in Regenerative Medicine ».

The workshop is taking place on May 11th-12th at CEVIPOF – 98 rue de l’Université – Paris, organised by Sciences Po – CEVIPOF, CNRS, Inserm.

The objective of this workshop is to analyze governance issues at the translational frontier of stem cell science.

The attendance is free but requires registration.

Information and programme here.

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Ici & Ailleurs. Petit tour guidé des structures arts-sciences

(Ce texte a été écrit dans le cadre du numéro « Arts & Sciences » du magazine MCD (n°81, mars/avril/mai 2016) dont j’étais la rédactrice en chef invitée. Une version condensée a été publiée dans ce numéro sous le titre « Ici & Ailleurs. Panorama des structures arts-sciences », on trouvera ici la version intégrale.

La France ne dispose pas, ou pas encore, d’un lieu emblématique arts-sciences, mais, comme partout, les initiatives fleurissent : du soutien à la création, à la monstration, en passant par la formation et la recherche, durables ou éphémères, portées par des institutions de taille et de nature diverses, initiées par toutes sortes de gens (artistes, scientifiques, acteurs culturels), parfois relabellisant simplement du bon vieil art numérique ou flirtant avec l’ingénierie. En bref, l’art-science devient tendance.

Je propose ici un tour guidé, non exhaustif, des initiatives de ces quinze dernières années qui se veulent pérennes, complété par la présentation de quelques exemples étrangers.

Texte au format Pdf

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Arts & Sciences, MCD #81 – mars/avril/mai 2016

MCD81

Je suis la rédactrice en chef invitée du numéro 81 (mars/avril/mai 2016) de MCD/Magazine des Cultures Digitales sur le thème « Arts & Sciences » pour lequel j’ai écrit l’article « Plaidoyer pour un non-champ » et dans lequel je propose avec « Ici & Ailleurs. Panorama des structures arts-sciences », un petit tour guidé international du sujet.

Au sommaire :

– Roger Malina / Jean-Marc Lévy-Leblond en dialogue

– Monica Bello, entre VIDA et le CERN

– Jean-Marc Chomaz avec Laurent Karst pour un manifeste de la dualité art-science

– Paul Prudence, portrait d’Evelina Domnitch & Dmitry Gelfand

– Félicie d’Estienne d’Orves interviewée par Ewen Chardronnet

– Pier Luigi Capucci qui met un « s » à bioart, bioartS

– Gaspard Bébié Valérian interview Paul Vanousse

– Regine Rapp & Christian de Lutz présentent quelques unes des œuvres qu’ils ont exposées à Berlin

– Clarisse Bardiot récapitule les questions arts et sciences dans le spectacle vivant avec un focus sur Kitsou Dubois et sur Gilles Jobin

– Marianne Cloutier fait un portrait de François-Joseph Lapointe, artiste et scientifique, entre danse, performance et microbiome

– Anne Quentin, portrait de Johann le Guillerm

– Meredith Tromble, portrait de Rachel Mayeri et de son travail avec les grands singes

– Valérie Pihet sur le projet DingDingDong et la maladie de huntington

– Manuela de Barros, entre arts et fictions scientifiques

– Jareh Das présente l’agence londonienne The Arts Catalyst

– Marcus Neustetter, entre archéologie et astronomie en Afrique du Sud

 

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Des fourmis, suite et rectificatif, « Trust Me, I’m An Artist’, journal de bord n°12

Leonardo/Olats est partenaire du projet européen Trust Me, I’m An Artist. Dans ce cadre, je tiens un « Journal de Bord » avec des compte-rendus des réunions et des rencontres, mais aussi mes réflexions, lectures et interrogations.

 

* Des fourmis, suite et rectificatif

Jeudi 18 février 2016

Suite à l’article que j’avais écrit sur les bonsais et les fourmis, j’ai reçu un mail de Joshua Portway, auteur avec Lise Autogena, de l’œuvre sur la spirale mortelle des fourmis.

Il m’indique (en ayant fait l’effort de m’écrire en français) qu’il s’agit en fait d’un montage et qu’aucune fourmi n’a été sacrifiée pour cette œuvre.

Voici ses informations (j’ai corrigé les fautes) : « La vidéo des fourmis dans l’installation est en fait à l’aide de l’infographie (si vous regardez attentivement la vidéo ici: https://vimeo.com/145829065 vous pouvez voir les marqueurs sur les murs et le sol qui sont utilisés dans la fabrication de l’animation ).

Les fourmis sur le sol sont achetées auprès de fournisseurs d’aliments pour animaux et sont généralement vendues comme nourriture pour reptiles – après l’exposition, il est demandé de donner les fourmis restant à un zoo ou à une animalerie locale afin qu’ells ne soient pas gaspillées ».

Il ajoute : « Bien qu’il soit prévu que le travail doit avoir le potentiel d’être perçu comme une manipulation cruelle des fourmis, les préposés à l’exposition sont invités à expliquer la vérité à quiconque le demande, ou qui a l’air très perturbé ».

Dont acte et toutes mes excuses. Je n’ai pas été suffisamment attentive et je me suis laissée piéger par la vidéo qui, ceci dit, est faite pour cela. Il ne m’est pas venue à l’esprit de questionner les médiateurs et je me demande combien de gens le font.

La vérité me laisse tout aussi perplexe, en tout cas soulève d’autres questions : pourquoi vouloir faire croire que la création de cette œuvre a pu impliquer un traitement barbare pour les fourmis ? pourquoi avoir à demander nécessairement des explications aux médiateurs ? pourquoi ne pas mettre un indice plus « évident » permettant au public de trouver la vérité par lui-même ?

Finalement, que l’on se laisse prendre ou non, cette œuvre est réellement captivante et déstabilisante.

 

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Des fourmis et des bonsaïs, « Trust Me, I’m an Artist », journal de bord n°11

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* Des fourmis et des bonsaïs (mardi 26 janvier 2016)

Une vidéo virale sur Facebook aujourd’hui.

Elle montre des bonsaïs flottants et tournoyants au dessus d’un socle, comme en lévitation. Présenté comme une innovation empreinte de poésie et propice à la méditation et la paix intérieure, le projet est en appel à financement participatif.

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Les commentaires sont enthousiastes et émerveillés. Personne, du moins dans ce que j’ai lu, ne souligne la brutalité du procédé. Outre le fait qu’il s’agit banalement d’une technique d’aimants et que les bonsaïs sont déjà des plantes malmenées, on ne voit pas bien en quoi les perturber ainsi peut apporter à notre sérénité.

La manipulation des plantes, comme l’a souligné Spela Petric, ne soulève que peu de questions d’éthique. Il semble qu’il en soit de même pour les fourmis. Dans l’exposition Exo-evolution du ZKM une œuvre m’a, à cet égard, particulièrement frappée. De loin, l’on voit un cercle brun au sol, comme de la terre. Intrigué(e), on s’approche pour découvrir qu’il s’agit de fourmis, mortes. Une vidéo explique le phénomène. Les fourmis, et plus particulièrement les fourmis légionnaires, ont des comportements aberrants connus sous le nom de « spirale de la mort » ou « vortex de la fourmi ».

"Untitled (Superorganism)", Lise Autogena et Joshua Portway, 2014. Photo A. Bureaud

« Untitled (Superorganism) », Lise Autogena et Joshua Portway, 2014. Photo A. Bureaud

Les fourmis, qui retrouvent normalement leur chemin en suivant la trace des phéromones laissées par celles qui les précédent, parfois « croisent leurs traces » créant ainsi un cercle qui ne fait que se renforcer. Elles finissent par mourir d’épuisement. La vidéo montre l’action-performance qui a consisté à forcer les fourmis à se mettre ainsi dans ce comportement mortel par un renforcement de phéromones. Untitled (Superorganism), 2014 de Lise Autogena et Joshua Portway est une œuvre qui m’a particulièrement troublée. Je n’en ai vu, et n’en voit toujours pas, le fondement artistique, esthétique, ou politique. Mais je dois admettre qu’elle recèle une puissante capacité d’attraction et de fascination.

 

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