d’ISEA à Orange Gardens, juin, le mois des conférences

Juin 2017 a été le « mois des conférences » pour moi. L’occasion d’afficher les sempiternelles photos d’une personne (moi) avec un micro, derrière un ordinateur … Pour changer, j’ai décidé d’y ajouter une diapo, au hasard (ou quasi) de chacune des présentations.

Nous avons donc eu, dans l’ordre d’apparition :

Présentation institutionnelle de Leonardo/Olats à ISEA, Manizales, Colombie.

A.Bureaud, ISEA 2017 (photo Danielle Siembieda)

A.Bureaud, ISEA 2017 (photo Danielle Siembieda)

J’ai bien sûr présenté nos activités, dont l’implication de l’association dans les projets « Trust Me, I’m An Artist » et « FEAT » et j’ai essayé d’y soulever quelques questions qui actuellement me tiennent à cœur. La première est le choix cornélien qu’ont à faire tous ceux dont le pays n’a pas l’anglais comme langue officielle : faut-il écrire —en anglais— pour ses pairs et avoir une audience internationale ou pour son environnement et son public dans sa langue maternelle ? Outre la perte d’un public, ne va t-on pas vers une perte de la biodiversité culturelle et un appauvrissement de la pensée par une normalisation dans un pidgin international ? La deuxième question est celle d’un changement de notre rôle en tant qu’acteur culturel. Pendant des années nous avons eu comme mot d’ordre à Leonardo de « rendre visible les signaux faibles », c’est-à-dire d’identifier et de soutenir des artistes et des tendances émergentes. A l’heure des réseaux sociaux et de la sur-communication, on peut se demander s’il existe encore des signaux faibles, toute chose étant communiquée quasi avant même d’avoir existée. En revanche, la durée de vie d’une information ou d’un projet devient de plus en plus brève et la mémoire de plus en plus courte. Dans ce contexte, notre rôle deviendrait plutôt de « sauver du flux et du bruit » et d’aider les artistes à s’inscrire dans la durée au-delà des tendances marketing et du buzzing.

ISEA-Leonardo-Olats

 

 

- Communication « Where is Art and Where is Science in Art-Science », keynote à ISEA Manizales, Colombie

A.Bureaud, Keynote ISEA 2017 (photo Gilberto Prado)

A.Bureaud, Keynote ISEA 2017 (photo Gilberto Prado)

Un peu contre la tendance à tout labelliser « art-science », à croire que la solution à tous nos maux réside dans cette rencontre, et surtout à inclure sous cette étiquette des choses extrêmement différentes, j’ai proposé une remise à plat des diverses composantes et au passage, j’ai plaidé pour une réhabilitation de l’illustration scientifique en en montrant les nouveaux modèles (dont la visualisation et la sonification ne sont qu’un des aspects). J’ai aussi évoqué le croisement des méthodologies (méthodologies scientifiques reprises par les artistes mais également l’importation de méthodologies artistiques dans les laboratoires, notamment à travers les exemples des œuvres de Jennifer Willet et Kira O’Reilly). J’ai mentionné, également, cette idée de « sortir les expériences du labo » qui est un sujet que j’aimerais travailler plus avant. J’ai aussi essayé de plaider pour un renouvellement d’un discours artistique et esthétique face aux discours de politique culturelle et à la parole théorique universitaire qui me semblent dominer les débats aujourd’hui et dans lequel l’art se dissout. Mais je ne suis pas sûre d’avoir fait passer ce message là (qui demande d’ailleurs de ma part d’être mieux exprimé et argumenté).

ISEA-Keynote

- « L’objet » d’art. Du ready-made au DIY, du post-internet à l’objet vivant : l’objet au-delà de l’objet, Art Factory, Orange Gardens

Dans le cadre de l’Art Factory et des résidences d’artistes mis en place par Orange en collaboration avec Décalab, j’ai fait une conférence dans le cycle associé à ce projet. Ce titre, terriblement long, peut se résumer à : les différents régimes de l’objet d’art aujourd’hui. Sur le schéma ci-joint, il manque une nouvelle catégorie qui est ce que j’appelle les « objets fétiches », objets complexes, souvent dans le champ art-science, dont la seule apparence ne permet pas d’en appréhender la richesse. Ils deviennent alors des supports, des intermédiaires, d’une narration, d’une histoire qui doit être déroulée, dépliée dans la relation avec le public.

A.Bureaud-Cartographie-Objets

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